Pilotes TrialGP 2026
Pilotes TrialGP 2026

TrialGP Japon 2026 : Toni Bou frappe très fort d’entrée à Motegi

Le championnat du monde TrialGP 2026 a démarré ce week-end au Japon, sur le site bien connu du Mobility Resort Motegi. Et pour cette manche d’ouverture, le patron n’a pas mis longtemps à rappeler qui tient encore les clés de la maison. Toni Bou a signé un week-end parfait en TrialGP, tandis que Berta Abellan a pris les commandes chez les femmes et qu’Alex Canales s’est montré le plus régulier en Trial2.

Dans des conditions idéales, bien loin de la pluie qui avait marqué l’édition précédente, les meilleurs pilotes mondiaux ont découvert un format remanié pour 2026, avec notamment le Super Test, la Super Pole, la Finale et la Super Finale. De quoi ajouter de la tension, resserrer les écarts et mettre encore un peu plus de pression sur les épaules des favoris. Autant dire que le week-end japonais a parfaitement lancé la saison.

Toni Bou, déjà seul au monde ?

On le sait, écrire que Toni Bou gagne en championnat du monde de trial n’a rien d’une surprise. Mais ce qu’il a encore montré à Motegi force le respect. Le pilote Montesa, en quête d’un incroyable vingtième titre mondial consécutif, a quitté le Japon avec un bilan parfait : quatre courses, quatre victoires.

Rnd 1 2026 Hertz FIM Trial World Championship

Dès la première journée, Bou a pris les commandes malgré quelques erreurs inhabituelles, notamment dans la troisième zone, où plusieurs favoris ont concédé un cinq. Mais comme souvent, le champion espagnol a su gérer les moments délicats, reprendre de l’air quand il le fallait et garder la main sur ses adversaires jusqu’au bout.

Derrière lui, Jaime Busto, désormais pilote Beta, a montré qu’il faudra compter sur lui cette saison. Son adaptation à sa nouvelle machine semble déjà bien engagée, avec plusieurs grosses prestations tout au long du week-end. Matteo Grattarola, toujours aussi solide, s’est également invité aux avant-postes, tandis que Harry Hemingway, nouveau venu dans la catégorie reine, a confirmé qu’il avait le niveau pour venir bousculer les cadres.

Bou sous pression, mais Bou vainqueur

Le nouveau format 2026 a apporté son lot de rebondissements. Après le Super Test disputé le vendredi, les pilotes TrialGP ont dû composer avec des phases de course plus courtes, plus intenses, où la moindre erreur pouvait coûter très cher.

Le samedi, la Super Finale a offert un duel serré entre Toni Bou et Jaime Busto. Les deux hommes ont terminé à égalité, mais Bou s’est imposé au départage. Une victoire à l’expérience, au sang-froid, presque à la Bou finalement. Quand la pression monte, il trouve encore le moyen de sortir la bonne réponse au bon moment.

Le dimanche, le scénario a de nouveau tourné en faveur du champion en titre. Gabriel Marcelli a pourtant réalisé un début de journée impressionnant, restant longtemps dans le match pour la victoire. Mais une erreur coûteuse en fin de première course l’a fait reculer, laissant Bou filer vers un nouveau succès devant Grattarola et Busto.

Gabriel Marcelli dans la zone 3 qui lui a couté pas mal de point.

En Super Finale, Bou a encore élevé son niveau. Face à Marcelli et Busto, il a su rester propre dans les moments clés, notamment dans les dernières zones, pour s’offrir une quatrième victoire en autant de courses. Le week-end parfait, tout simplement.

Marcelli, Busto, Grattarola : la chasse est lancée

Derrière Toni Bou, la hiérarchie commence déjà à se dessiner, même si la saison ne fait que commencer. Jaime Busto a été l’un des hommes forts de cette ouverture japonaise. Pour sa première apparition sous les couleurs Beta, l’Espagnol a montré de la vitesse, de l’engagement et une vraie capacité à jouer devant.

Gabriel Marcelli, de son côté, a alterné le très bon et le plus compliqué. Capable de rivaliser avec Bou sur certaines phases, le pilote Montesa a aussi payé cher quelques erreurs, notamment le samedi avec trois maximums dès les trois premières zones de la première course. Il termine toutefois le week-end avec un podium en Super Finale le samedi et une belle deuxième place le dimanche après-midi.

Matteo Grattarola reste, lui aussi, une valeur sûre. L’Italien n’a pas forcément fait beaucoup de bruit, mais il a régulièrement été placé, solide dans les zones piégeuses, et toujours capable d’aller chercher de gros résultats lorsque les autres commettent des erreurs.

À noter également la performance de Miquel Gelabert, qui a marqué l’histoire du TrialGP en devenant le premier pilote à évoluer dans la catégorie reine avec une machine électrique. Au-delà du symbole, l’Espagnol a signé des résultats très intéressants, notamment une cinquième place le dimanche matin.

Berta Abellan prend les commandes chez les femmes

Chez les TrialGP WomenBerta Abellan a elle aussi démarré très fort. Championne du monde en titre, la pilote Scorpa a parfaitement lancé sa saison avec deux victoires le samedi, imitant Toni Bou dans sa capacité à frapper d’entrée.

Berta Abellan en tête du TrialGP Women

La première course n’a pourtant pas été simple. Sous pression, Abellan a dû composer avec une concurrence bien présente, notamment Alycia SoyerAndrea Sofia RabinoAlessia BacchettaAlice Minta et Denisa Pechackova. Mais l’Espagnole a rapidement pris la mesure de la journée pour s’imposer, avant de confirmer dans la seconde course avec une victoire plus maîtrisée.

Le dimanche, Abellan a débuté de manière impressionnante, avec une première course tout simplement parfaite, bouclée sans le moindre point. Une performance de championne, treize marques devant ses poursuivantes.

Mais la dernière course du week-end a rappelé que la catégorie féminine promet elle aussi du suspense cette saison. Alessia Bacchetta a signé la meilleure prestation de sa jeune carrière en s’imposant avec seulement six points. Abellan, pénalisée par un cinq en quatrième zone puis par plusieurs petites erreurs, a dû se contenter de la deuxième place, remportée au départage face à Alice Minta.

Malgré cette première défaite de la saison, Berta Abellan quitte le Japon en tête du championnat, avec un bilan extrêmement solide et une vraie autorité affichée sur l’ensemble du week-end.

Trial2 : la régularité d’Alex Canales paie déjà

Comme souvent, la catégorie Trial2 a offert l’un des tableaux les plus ouverts du week-end. Entre jeunes talents, anciens pensionnaires du TrialGP et spécialistes de la catégorie, les écarts ont été minimes et la régularité a pesé très lourd.

Arnau Farré

Le samedi, Arnau Farré s’est imposé dans la première course, confirmant sa forme après sa fin de saison 2025 réussie. Dans la seconde, c’est George Hemingway qui a répondu présent, après une première course plus compliquée. Mais au général du jour, c’est bien Alex Canales qui a tiré son épingle du jeu grâce à deux deuxièmes places.

Redescendu du TrialGP vers le Trial2 cette saison, Canales a parfaitement lancé son championnat. Sans forcément gagner, il a marqué de gros points et s’est installé en tête du classement dès la première journée.

Le dimanche, le scénario est resté tout aussi incertain. George Hemingway a remporté la première course, avant de passer complètement à côté de la seconde. Billy Green, champion Trial2 en 2023, a alors saisi l’occasion pour signer sa première victoire de la saison. Une belle réaction après une première course plus discrète.

Dans ce contexte très serré, Alex Canales a encore joué la carte de la constance. Avec des places de quatrième et cinquième, il n’a pas dominé la journée, mais il a fait ce qu’il fallait pour conserver la tête du championnat. Une stratégie payante dans une catégorie où le moindre cinq peut faire basculer tout un week-end.

Un nouveau format qui change le rythme

Cette manche japonaise marquait aussi l’entrée en scène du nouveau format 2026. Avec le Super Test pour déterminer l’ordre de départ, la Super Pole, la Finale puis la Super Finale, le championnat du monde cherche clairement à rendre les courses plus lisibles, plus nerveuses et plus spectaculaires. On en parlera dans le prochain numéro de Trial Magazine.

À Motegi, le pari semble réussi. Les pilotes ont été mis sous pression plus rapidement, les erreurs ont coûté cher et les meilleurs ont dû répondre présent à plusieurs reprises dans la même journée. Pour le public, le format apporte davantage de tension et permet de suivre plus clairement la montée en intensité jusqu’à la Super Finale.

Pour les pilotes, en revanche, il faudra s’adapter. La gestion de la pression, la capacité à être performant immédiatement et la régularité sur des formats courts pourraient devenir des éléments encore plus déterminants cette saison.

Tous les résultats sont disponibles en cliquant par ici.

Cap sur Andorre

Après cette ouverture japonaise, les pilotes du championnat du monde vont désormais devoir patienter quatre semaines avant la deuxième manche. Prochain rendez-vous : le TrialGP d’Andorre, prévu du 12 au 14 juin.

Toni Bou y arrivera en leader incontestable, avec un week-end parfait dans les valises. Berta Abellan aura également l’avantage psychologique chez les femmes, malgré la belle alerte signée Bacchetta en fin de week-end. En Trial2, Alex Canales possède déjà une avance intéressante, mais la catégorie s’annonce plus ouverte que jamais.

Une chose est sûre : si cette première manche japonaise devait donner le ton de la saison 2026, le championnat du monde TrialGP est parti sur des bases très solides. Bou est toujours Bou, mais derrière, ça pousse fort. Et c’est exactement ce qu’on aime voir.